10/10/2008

Un peu de nostalgie...

J'écris peu, bien trop peu, et je le regrette. Par contre, il m'arrive parfois de me relire... Même si mes textes parlent rarement de moi, ils ont tous été inspirés de sensations et d'émotions vécues. Aussi, ma relecture me plonge dans des souvenirs. Agréables ou pas, ce sont eux qui forment le ciment de ma vie.

Aujourd'hui, je me suis particulièrement arrêtée à une lettre adressée à ma fille en 2005. L'envie me prend de la reposter, ici, sur le devant de la scène. D'abord parce qu'elle me rappelle que le temps file, aussi parce que pour mon prochain post, j'ai l'envie de lui écrire à nouveau...

"Petit Ange,
 
Tu as maintenant, un peu plus de trois ans. Le temps file et dessine petit à petit la femme que tu seras un jour. J'ai cette envie toute maternelle de te protéger mais en même temps, il me faut bien t'apprendre à t'armer pour la vie. Et finalement, je me rends compte que je n'ai pas la recette... Nous avons déjà traversé tant d'épreuves, main dans la main, en si peu de mois. Je n'ai rien voulu te cacher, je t'ai tout expliqué. Toujours. Même à un âge où tu n'étais pas sensée comprendre. Je reste persuadée que je gagnerai ta confiance en te parlant "vrai", car si le sens de mes mots t'a échappé, tu n'as sans doute rien perdu de l'émotion. C'est ce que je voulais.
 
Aujourd'hui, tu commences à poser des questions. Certaines me font rire, d'autres m'étonnent carrément. Dans mes réponses, encore la vérité! Combien de "je ne sais pas" t'ai-je déjà dit?...Et je ne m'en excuse pas, bébé. Parce que, non, les "grands" ne savent pas tout, ils se trompent parfois et se ramassent...Comme tu le feras toi aussi. Ne crois pas que ce constat très réaliste soit pessimiste ou trop dur à t'annoncer. La meilleure chose que je puisse t'apprendre, je crois, c'est d'accepter la vie comme elle vient, et de la gérer au mieux, de te donner la capacité de la rendre belle chaque fois que tu pourras. Te nier les ruptures, les deuils et les choix difficile ne te rendra pas service. Ca existe, et en nombre en plus! Mais sache que tu auras le droit de les maîtriser, de les digérer, et puis d'avancer malgré tout. Je te promets que tu te relèveras de tout, si tu le veux vraiment.
 
Surtout, je souhaite que tu sois exigeante. Je ne te lâche pas là, sur une voie facile, mais le jeu en vaut la chandelle. Comme l'a dit si justement Camus "Il faut rêver très haut, pour ne pas réaliser trop bas". En ces mots, réside mon crédo.
 
Garde ton langage d'enfant de trois ans, sans nuance et guidé par ton coeur seul. A ton âge, on ne raisonne pas, on ne calcule pas. Tu aimes ou pas, tu veux ou pas, tu ne t'embarrasses pas de nos "peut-être", nos "on verra", et nos tournures politiquement correctes de grandes personnes.
 
Il y a encore tant de choses que je voudrais te dire, tant de choses que je voudrais prévoir, t'offrir ou t'éviter... mais c'est pierre par pierre, et épreuves après bonheurs que nous construirons l'édifice de ta confiance en toi.
 
Il m'arrive de t'imaginer dans vingt ans. Quelles que seront tes décisions existentielles, je me plais à te rêver libre, indépendante, épanouie et heureuse. Je fais le voeu que chaque matin de ta vie d'adulte, malgré les contraintes du quotidien, tu puisses encore t'émerveiller de la couleur du ciel, et comme tu le fais si bien aujourd'hui, le pointer du doigt et demander "Il est où, le soleil?" "

 

12:26 Écrit par Syolann | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

une trés belle lettre! faite de mots dictés par le coeur mais par la raison aussi. il ne faut pas leur cacher la réalité, les embûches quand elles se présentent à nos bouts de choux parce que je crois qu'au fond, ils savent au fond d'eux que la vérité n'est pas là, au ton, à la manière de dire, ils ressentent le vrai et le faux. les guider mais dans la vérité, la vraie vie, c'est les aider à l'affronter cette vie, avec ses délicieux mais aussi ses terribles moments.
j'apprécie de passer te lire lorsque je vois l'un de tes posts apparaître. bon we et à bientôt:)!

Écrit par : mimi | 11/10/2008

Bonjour toi Que de mots tendres dans cette lettre. Cela sent l'amour que tu as pour elle. A bientôt. Bizz

Écrit par : Jicé | 12/10/2008

kikou jolie, cordiale et tout maternelle cette lettre. L'écrit est utile pour structurer notre pensée et la prolonger dans le temps.
Mais pourquoi, tout à coup, cette nostalgie et le désir de republier cette lettre de 2005??? C'est certainement la question que mon psy m'aurait posée.... la réponse est en toi!! bien amicalement.

Écrit par : Mik | 16/10/2008

dans 20 ans, ce sera bien aussi Salut ma jolie, je reviens de cinq semaines en Australie avec ma fille de 20 ans, que tu connais. Expérience inoubliable, à la fois pour la découverte de ce continent hyper moderne et si sauvage aussi, et par ce tête -à-tête mère/fille dans le bush, sous la tente, des nuits en bus, des marches dans le silence, des confidences pour lesquelles on avait enfin le temps, des fous-rires incroyables, et la découverte attentive de ce qui nous raproche et de nos différences. Je te souhaite de vivre un tel voyage quand ta fille sera adulte, et en attendant, organisons nos retrouvailles du club :)

Écrit par : françoise | 20/10/2008

Extrait Jolie plume...
Voici un extrait du récit auquel je suis attelé depuis plus d'un an. Ce texte a été choisi pour figurer dans une anthologie de la poésie.
Cf: http://www.slayd.info/liens/
"Ta peau m’apparaît veloutée et sucrée
Entre deux bouts d’étoffes silencieuses.
Son parfum égayé de quelques notes fleuries
Inonde mes émotions haletantes.
Je n’oublierai jamais ce goût de miel
Qui surgit, ce beau matin d’automne,
Lorsque, dans ta robe pastelle, tu fis tournoyer mes joies.
Quelques mots ont suffi à me transporter
Dans des univers satinés que je retrouve aujourd’hui
En pensant à toi.
Tu es ce mystère que j’aimerais mettre à nu.
Tu es celle que… J’aimerais aimer.
Tu es celle que j’aime aimer."

Tous droits réservés SAÏD Sylvain (c) 2008

Écrit par : SAÏD Sylvain | 08/12/2009

OUPSS!!! Erreur...
Je voulais parler de celui-ci:

"Un jour

Un jour, tu sauras…
Un jour, tu verras ce murmure dans mes mains.
Peut-être, ce jour-là, diras-tu que je suis fou…

Tu es ancrée dans mes cieux,
Tu ondules mes désirs.
Tu ne perçois pas encore le flou
Que tu poses sur ma vie.

Je veux préserver ce moment enfantin d’espoir fragile,
Qui nourrit mon dessein d’éclore dans tes songes.

Je m’enivre de tes mots.
Ton visage irradie cette histoire que j’invente.
J’en rêve un peu, je l’aime passionnément, je n’y crois pas du tout…
La lame, qui transperce cette toile que j’ai peinte, me fait mal…

J’aurais bien aimé tu termines ce chef d’œuvre.
Mais que peux-tu faire, puisque tu ignores tout ?"

Écrit par : SAÏD Sylvain | 08/12/2009

Les commentaires sont fermés.