30/03/2007

Désir en ut mineur.

effleurement300

Photo Dominique Lefort.

 

Nicolas referme la porte de l'appartement derrière nous. Nous sommes chez lui et nous savons ce que nous allons y faire. Notre attitude dans l'ascenseur ne trompait pas : j'étais collée à lui, la tête sur son épaule, mes lèvres dans son cou. Je respirais la fragrance de son eau de toilette, mêlée à l'odeur du cuir de son blouson. Pour moi dorénavant, le désir aura ce parfum.

 

Je m'imprègne de l'endroit : je regarde le plafond entièrement ciélé de poutres et les murs de crépi blanc. Il y fait sobre : peu de décorations, tout au plus une ou deux reproductions de tableaux. Par contre, je reste interdite devant un piano, majestueux, qui occupe la moitié du living.

 

Nicolas m'apporte un verre de vin blanc frais, il fait chaud dehors et plus encore ici me semble-t-il. A moins que ce ne soit moi qui perde déjà les pédales! Il s'installe au piano et, tout en me souriant, plaque quelques accords bien choisis.

 

Je retire mes chaussures et sens le contact rafraîchissant du carrelage, histoire de me rappeler que je suis sur terre. Tout en dégustant mon vin, je m'approche de lui, mais ce sont ses mains que je regarde. Je les vois courir sur le clavier, nerveuses, agiles, parfaites et je ne peux m'empêcher de les imaginer sur moi. Quelle partition choisirait-il d'interpréter sur mon corps? Quelle musique y ferait-il naître? Au fond, ça m'est bien égal, tant qu'il joue crescendo.

 

Change-t-on d'espace temps quand on est sous l'emprise du désir? C'est plausible car je n'ai plus aucune idée de l'heure qu'il est. Je m'évade en pensées, j'anticipe la suite des évènements, je me languis d'être contre lui. Nicolas semble tout à sa musique, j'en suis presque jalouse.

 

                                             (A suivre...)

15:07 Écrit par Syolann | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

J'aime te lire Mais l'amour rend tes écrits encore plus romantiques.
Soi-dit en passant, je m'instruis... Le blouson de cuir, je l'ai, tu vas si tu veux bien m'envoyer par mail le nom de son eau de toilette. Par contre, où il y a prob, c'est pour le piano, c'est pas que j'veuille pas investir là-dedans pour l'amour, mais Il ... ne passerait pas par la porte.... mdrr
Tout beau ton texte, suis bien fier d'en inaugurer les coms.
bien le bonjour à ton tendre musicien. (faudra qu'il m'explique quelques partitions, hihi) Bizz

Écrit par : marc | 30/03/2007

Trés bon début! Et puisqu'il y aura une suite, je ne manquerai pas de revenir la lire.
C'est fou comme les odeurs peuvent marquer: même longtemps aprés la séparation (si séparation il y a) on sent un parfum et on retrouve l'"Autre"... ah, nostalgie quand tu nous tiens!
Bisous Syolann, passe un bon we.

Écrit par : mimi | 30/03/2007

Douce sensualité, Pour ce texte parfumé aux saveurs de l'autre...

Cordialement
Marie

Écrit par : Marie Lanson | 30/03/2007

Tu as bien fait de t'arrêter là pour l'instant : cela donne le temps de savourer...

Écrit par : Brigitte | 30/03/2007

Oui, cest magique la fascination de l'autre arrête le temps.
Dans ses quelques lignes, tu as réussi à éveiller tous nos sens.

Très bonne soirée Syolann et à bientôt,

Écrit par : La Bohème | 31/03/2007

Quelle que soit la partition jouée, elle fera sans doute partie des chefs d'oeuvres de l'amour. Bon week end. Bizz

Écrit par : jicé | 31/03/2007

cOUCOU Musique, poésie, danse et amour font corps...on esquisse une danse en harmonie sur l'être aimé, et l'on défie le temps chronométré..bon dimanche à toi, croqueuse de vie aux 6 sens épanouis...le sixième étant celui de la féminité qui est poésie en soi.

Écrit par : Edouard | 01/04/2007

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