18/12/2005

Si...

Alexia prend la route dans la nuit déjà avancée. C'est difficile, elle a tant de mal de se séparer de lui. Surtout, ne pas penser au prochain rendez-vous puisqu'elle ne sait quand il aura lieu. Surtout ne pas comptabiliser cette attente, surtout ne pas mesurer le temps... Sur l'autoroute déserte, elle roule un peu vite, soûlée par la musique de son groupe préféré et par le souvenir de sa soirée chavirante. Leurs corps emmêlés, c'était il y a si peu de temps,  à peine quelques minutes et déjà, le manque de lui. Déjà envie de tout! D'entendre à nouveau le son de sa voix, de deviner ses mots, d'anticiper ses gestes. Elle veut son souffle et ses mains dans ses cheveux, son corps dans le sien, toute sa fougue et toute sa tendresse comme si elle en était toujours autant privée. Alexia ne comprend pas pourquoi il lui manque plus encore dès qu'elle vient de le quitter. On pourrait croire qu'emplie de lui, elle tiendrait mieux le coup pour apprivoiser l'absence qui suivra, mais non, c'est paradoxalement à ce moment précis qu'elle est la plus fragile. Et puis ce soir, c'est une révélation! Dans cette torpeur qui a suivi leur étreinte, collée contre lui qui la berçait doucement, elle ne s'est jamais sentie autant "à sa place". Pour la toute première fois, ressentir une envie de rester là, pour longtemps, peut-être pour toujours. Comme elle aurait voulu que le temps se stoppe, que tout reste ainsi figé et en suspend. Mais, inexorablement, les aiguilles de leurs montres ont affiché l'heure fatidique... Un dernier baiser, une dernière chanson écoutée dans le creux de ses bras, et Alexia a filé...parce qu'il fallait!
                         Si ça ne tenait qu'à elle...
                                   Si ça ne tenait qu'à eux...

19:51 Écrit par Syolann | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

La question que tu me poses est celle que j'ai envie de te poser. En ce qui me concerne, mon imagination est d'une fertilité infinie. Je me suis demandée comment il me serait possible d'écrire à chaque fois un texte qui ne soit pas pareil à d'autres que j'ai écrits avant et je constate texte après texte que ce que j'écris est différent à chaque fois.
J'aime la façon dont tu décris le manque qu'engendre l'absence de l'être aimé.
Bonne soirée, bisous

Écrit par : Kardream | 18/12/2005

Merci d'être passée... Toi, il me semble que c'est le démon au ventre que tu écris...
Bonne soirée, à trés bientot.

Écrit par : Gaëtan | 18/12/2005

Tant de couples ... vivent de tels tourments. Mais se sont souvent ceux de l'interdit. Ou bien encore ceux qui viennent de naître. Trop souvent, quand la routine s'est installée, ancrée, la passion s'estompe et les fantasmes affluent de plus belle, vers un renouveau nécessaire à l'être. Bizarre autant que cela peut l'être, l'interdit peut survire à tous les tsunami ... Rares sont ceux qui peuvent s'en défaire quand ils y ont goûté !!!
Jean-Pierre

Écrit par : Jean-Pierre | 18/12/2005

et quand plus rien ne vous retiens à rien ???? quand on vit sans amour .. et qu'en solitaire on suit le chemin de l'oubli ...

Écrit par : aramis-le-rimailleur dingo | 18/12/2005

Ce que j'écris est peut-être louche... mais ce que toi tu écris est superbement tourné !
Bizzz à toi, bonne soirée... @+

Écrit par : Béa | 18/12/2005

Bonjour Syolann Duke apprécie ce que tu veux faire passer comme sentiment.
Je te souhaite ce qu'il y a de mieux pour Noel.
Bisou amical
PS Aimes-tu le Jazz ? Et le Blues?

Écrit par : DUKE | 19/12/2005

c'est plein de tendresse ce texte...Bisous

Écrit par : jicé | 19/12/2005

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